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Transat Jacques Vabre : Suivi de course

29 octobre 2019

27 Octobre – Des sourires, des embrassades et des mains tendues, l’émotion des grands départs était palpable au coeur du bassin Paul Vatine – les 59 équipages ont largué les amarres pour prendre le départ à 13h15 devant Le Havre. 

Le top départ est donné dans un vent de nord-nord-peu soutenu et surtout ce courant de face important (fort coefficient de marée de 101), ceux qui ont choisi de longer les falaises de craie ont eu le nez creux ! En approche d’Antifer, les équipages ont démarré un tricotage serré pour rejoindre la bouée Région Normandie face à Etretat, située pile dans l’axe du vent. Rapidement, les trois Multi50 s’envolaient loin devant, mené par l’équipage Vauchel-Camus/Duthil sur leur bateau bleu. Derrière, du côté des Imoca, les foilers dernière génération semblaient à la peine, moins à l’aise dans ces conditions légères sur une mer formée, sauf Apivia qui a fait le choix dès le début de rester à la côte. Au classement de 16h, Kevin Escoffier et Nicolas Lunven (PRB) devancent la flotte des 29 bateaux suivis par Clarisse Cremer et Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) et Nicolas Troussel et Jean Le Cam (Corum L’Epargne). En Class40, c’est très serré, voire collé-serré ! Kito de Pavant et Achille Nebout (Made in Midi) mettent quelques longueurs au duo Sam Goodchild/Fabien Delahaye (Leyton). Chappellier/Leboucher sur Aïna – Enfance & Avenir sont en embuscade, ils ont pris un départ canon.

Sitôt la marque de parcours Région Normandie doublée, les 59 duos sont partis sous spi (vent arrière) vers la pointe Bretagne. A 17h, la renverse leur permettait d’accélérer encore et ce n’est pas fini ! Météo France ne s’était pas trompée en prévoyant un vent forcissant progressivement pour devenir fort à la pointe de la Bretagne. Autant dire qu’il valait mieux entrer dans le rythme de course rapidement, rajouter des sous-couches, enfiler les bottes, grignoter un morceau et tenter de se reposer. L’heure fatidique du choix de la route approchait à grand pas. Faut-il contourner la dépression par le nord ou piquer directement au sud passé Ouessant…

28 octobre – Le rythme a été soutenu toute la nuit pour les 59 binômes de la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre qui convergent ce matin vers Ouessant. Le Multi50 Solidaires en Peloton ARSEP joue toujours le rôle d’éclaireur et vient de passer au sud du DST (Dispositif de Séparation de Trafic) qui balise la sortie de la Manche.

Lorsqu’il s’agit de glisser sous spi le plus proche du vent arrière, les IMOCA à dérive n’ont aucun problème de vitesse par rapport aux foilers. Hier soir, le tandem Cremer-Le Cléac’h (Banque Populaire IX) passait en tête au ras du cap de la Hague et ce matin, c’est Groupe Apicil (Damien Seguin,Yoann Richomme) qui avait pris la tête, juste devant… Nicolas Troussel et Jean Le Cam, embarqués eux aussi sur un IMOCA datant de 2007 qu’ils exploitent à merveille. A noter tout de même le petit décalage d’un groupe emmené par Hugo Boss dans lequel on retrouve Maître CoQ et Charal qui est allé chercher son point d’empannage plus près des côtes anglaises. Question d’angle pour trouver la meilleure vitesse ou amorce d’un choix tactique ? Toujours est-il que ce matin, ce groupe se réalignait sur la flotte, ce qui pourrait confirmer que la voie de l’Ouest n’a finalement pas été retenue après la réception du fichier météo du soir…

28/10 – Transat Jacques Vabre 2019 Photo by PRB

Dernier des foilers mis à l’eau en septembre, Advens for Cyberscurity a été obligé de s’arrêter à Cherbourg hier soir vers 23 h 00 pour réparer des problèmes de vérins de pilote automatique. Thomas Ruyant et Antoine Koch ont du attendre quatre heures comme le réglement l’impose pour repartir et ferment la marche à quelques 80 milles des leaders. 

En Class40, le conflit des générations dessine en effet la hiérarchie au classement ce matin. Au large des îles Anglo-Normandes, les favoris sont avant-postes avec dans un rayon de 5 milles, Lamotte-Module Création (dématâge à 7:30am), Leyton, Crosscall Chamonix Mont Blanc, et Banque Du Léman, seul le Pogo de Charles-Louis Mourruau et Estelle Greck faisant de la résistance. Sous petit spi dans des conditions toniques, les meilleurs naviguent juste devant la queue de flotte des IMOCA, alors que le dernier des 27 Class40 pointe à plus de 50 milles.

arrêts au stand : V and B – Mayenne fait escale à Brest. Maxime Sorel et Guillaume Le Brec ont constaté la nuit dernière un souci technique important sur le tirant de l’outrigger (barre de flèche qui soutient le mât) bâbord du plan VPLP – Verdier 2007. Suite au talonnage de leur Imoca MACSF hier au passage de la bouée Région Normandie devant Etretat, Isabelle Joschke et Morgan Lagravière ont pris la décision avec leur équipe technique de faire un stop à Brest pour contrôler la quille. MACSF reste en course. William Mathelin Moreaux blessé, le Class40 Beijaflore se déroute. Marc Guillemot et William ont contacté leur équipe à terre à 14h15 pour les prévenir que le jeune skipper s’est blessé à l’épaule à bord du Class40 Beijaflore. Le bateau fait actuellement route vers le port le plus proche, où il sera pris en charge.

29 octobre – tactique et match racing sont au programme de la journée. En effet, aux alentours de minuit, Thibault Vauchel-Camus et Frédéric Duthil ont poussé la barre et fait basculer les étraves de leur Solidaires en Peloton ARSEP vers le Sud-Sud-Est. Les deux compères continuent leur course, maîtres de leurs choix et profitant déjà d’un petit matelas de 50 milles sur leurs poursuivants. 

Après la sortie sélective de la Manche et le passage d’Ouessant, puis le bord de reaching à l’approche de la dépression hier après midi, les positions se clarifient chez les IMOCA : un premier groupe de 15 bateaux navigue dans un rayon de 30 milles. En tête, Charal a fait parler sa maîtrise du foiling avec des vitesses supérieures aux Multi50 dans le bord du reaching. Il garde toujours un oeil sur la trajectoire Nord Hugo Boss. Mais Alex Thomson va devoir attendre que le vent passe à l’ouest pour espérer empocher les bénéfices de son positionnement – même scénario que l’an passé pour la Route du Rhum. 

Chez les Class40, la bagarre bat son plein entre Fabien Delahaye et Sam Goodchild sur Leyton qui devancent d’une courte tête Aïna Enfance et Avenir, bien revenu hier après-midi à seulement 3 milles. Made in Midi s’accroche, tout comme Banque du Léman, Crosscall Chamonix étant le plus sud de ce paquet. Le binôme à suivre dans les 48 prochaines heures est bien sûr formé par Ian Lipinski et Adrien Hardy qui ont bien tenu leur décalage réalisé en Manche la première nuit. 50 milles séparent leur trajectoire de celle des leaders; Crédit Mutuel peut espérer tirer bénéfice de son option quand le vent basculera, même si ce n’est pas pour tout de suite. En attendant, cette navigation au près dans une mer et un vent maniable sont pour l’instant bien venues pour se reposer un peu.

28/10 – Transat Jacques Vabre 2019 Photo by Leyton

30 octobre – La régate en Class40 ressemble à une guerre d’usure. Pas d’option très tranchée mis à part le décalage Nord de Crédit Mutuel qui pour l’instant ne lui réussit pas beaucoup. En pointe, Aïna Enfance et Avenir devance toujours d’une courte tête Leyton (3 milles). Chacun progresse comme on descend prudemment un escalier : un coup à l’ouest, un coup au sud. Côté Imoca, en tête depuis Ouessant, Charal a en effet abandonné la pôle position. PRB a superbement tiré profit de son option d’hier à la pointe de la Galice. Tricotant dans les parages de Muros comme pour une régate de l’après-midi, Kevin Escoffier et Nicolas Lunven ressortaient habilement sous le DST et brûlaient la politesse à Charal et Apivia qui revenaient du large. 

Entre les partisans du sud et de l’ouest, qui va l’emporter ? Le suspense reste entier. Emmenés par le Multi50 Solidaires En Peloton – ARSEP, les Sudistes, actuellement le long du Portugal, partent à la rencontre d’une dorsale, c’est-à-dire une zone où le vent est très faible. Sérieux coup de frein ou léger ralentissement ? Ce sera la surprise du chef. Du côté des cow-boys de l’ouest, on s’attend à se faire secouer dans la dépression mais à filer bon train vers le sud dès vendredi. 

Update : A noter le bon retour dans le jeu d’Advens for Cybersecurity alors que MACSF est toujours amarré à Brest…

Class40
 1 – Aïna Enfance & Avenir 2 – Leyton 3 – Made in Midi

Multi50
 1 – Solidaires En Peloton – ARSEP 2 – GROUPE GCA – MILLE ET UN SOURIRES 3 – PRIMONIAL

Imoca
 1 – PRB 2 – Apivia 3 – Charal

31 octobre – La flotte dessine une très beau quart de cercle ce matin sur la cartographie. Les leaders au sud tangentent les côtes marocaines, le groupe de séparatistes en IMOCA continue sa progression vers l’ouest et entre les deux, les premiers class40 entrent dans le cercle au large du cap Finisterre. Mais la roue peut-elle vraiment tourner sur la route qui conduit à Salvador de Bahia ? Cette journée de jeudi s’annonce en tous cas décisive. Pour les oiseaux agiles que sont les Multi50, dessiner une aile de mouette est presqu’une formalité ! L’aile de mouette, c’est ainsi que les marins désignent la trajectoire en deux temps qui permet de franchir une dorsale anticyclonique. Au large de Gibraltar, les étraves des trois Multi50 ont commencé à obliquer vers l’Ouest avant d’empanner pour pointer vers les côtes marocaines où les attend un début d’alizé nerveux. 

Une petite centaine de milles derrière les trimarans, les premiers IMOCA ont passé le cap Saint-Vincent et vont être confrontés à la même problématique à partir du milieu de la matinée. Un peu moins maniables, les monocoques de 60 pieds vont nécessiter de la part de leurs duos d’être très réactifs et de beaucoup manœuvrer : changements de voiles et de trajectoire, gestion des poids à bord, réglages… 

C’est la nouvelle du jour : l’option ouest n’est finalement pas payante. Toutes les étraves pointent donc désormais vers le sud et les écarts sont considérables ! Hugo Boss, à 12 nœuds au près, affiche 273 milles de retard sur le premier IMOCA et Apivia, qui caracole à 17 nœuds au portant en approche des alizés. Du côté des Class40, Made in Midi a pris les commandes de la course devant Crosscall Chamonix Mont-Blanc. 

Avarie en mer :Time for Oceans (IMOCA), suite à une collision avec un OFNI a subi des dégâts (dérive tribord et hydrogénérateur endommagés). Stéphane Le Diraison et François Guiffant continuent et attendent des conditions meilleures pour réparer.

Rappel 4 abandons (Lamotte-Module Création, Beijaflore, SOS Méditerranée, KIHO) – 1 arrêt au stand : MACSF à Lorient

Class40
 1 – Made in Midi 2 – Crosscall Chamonix Mont-Blanc 3 – Aïna Enfance & Avenir

Multi50
 1 – GROUPE GCA – MILLE ET UN SOURIRES 2 – PRIMONIAL 3 – Solidaires En Peloton – ARSEP

Imoca
 1 – Apivia 2 – Charal 3 – Initiatives-Cœur

1er novembre – Solidaires en Peloton ARSEP a abandonné pour la première fois depuis le Havre la tête du classement hier après-midi. La dorsale a souri aux chasseurs, qui sont rentrés dans le système un peu plus à l’ouest et ont joliment prolongé leur premier bord plus longtemps. Les deux foilers de nouvelle génération ont fait parler la poudre hier dans la journée. Rentrant dans la dorsale au coude à coude avec le groupe de poursuivants emmené par Initiatives-Cœur, ils en ressortent avec près de soixante milles d’avance ce matin. Apivia qui prolonge sa route bâbord amures vers la Mauritanie ne tardera certainement pas à empanner s’il veut passer ensuite au nord de l’archipel des Canaries. Les Class40 ont tous basculé vers le sud hier. Le tandem Aïna Enfance et Avenir – Leyton avait abandonné la première place à Made in Midi à la mi-journée et c’est ce matin Crosscall Chamonix Mont Blanc qui a pris le leadership. Louis Duc et Aurélien Ducroz tirent bénéfice de leur positionnement dans l’est, avec près de 110 milles d’écart en latéral par rapport à Leyton.

Avarie en mer : A 4h45 ce matin, Charles-Louis Mourruau et Estelle Greck ont prévenu la direction de course qu’ils avaient démâté. Les deux co-skippers étaient à l’intérieur pendant leur changement de quart lorsque le mât est tombé sur le pont, suite à l’arrachement de la cadène d’étai. Ils naviguaient au près dans 20 à 25 noeuds de vent au large des côtes portugaises. Ils étaient positionnés à la 7ème place lorsqu’ils ont démâté, à moins de 40 milles du leader des Class40.

Class40
 1 – Aïna Enfance & Avenir 2 – Crosscall Chamonix Mont-Blanc 3 – Made in Midi

Multi50
 1 – GROUPE GCA – MILLE ET UN SOURIRES 2 – PRIMONIAL 3 – Solidaires En Peloton – ARSEP

Imoca
 1 – Charal 2 – Apivia 3 – Banque Populaire X

2 novembre – La flotte des 22 Class40 étalée sur près de 300 milles ce soir, entre le dernier Terre Exotique et le premier, Crédit Mutuel, navigue entre le cap Saint-Vincent et Madère dans des conditions qui s’améliorent nettement. Mais avant d’atteindre les alizés, il va falloir négocier l’île portugaise de Madère et son volcan culminant à 1 800 m d’altitude, puis dans la foulée la fameuse dorsale, cette zone sans vent que redoutent les marins. L’énorme duel depuis le large de Gibraltar se poursuit entre les deux tandems Lamiré/Carpentier et Rogues/Souben décalés en latéral de près de 60 milles maintenant avec un écart sur la route directe de 3 petits milles. Primonial joue le décalage ouest, il a bien raison.

La dorsale (zone de vents faibles et erratiques) a littéralement coupé en deux la flotte des IMOCA. Les plus à la peine ont été Manu Cousin et Gildas Morvan sur Groupe Setin qui commencent ce soir à peine à s’en sortir. Charal conserve ce soir la tête du classement des IMOCA, 46 milles devant Apivia. La stratégie bat son plein dans le sud-ouest des îles Canaries pour parer le dévent important des hauts volcans. Empannages et petits décalages vers l’ouest sont légions pour cette première partie de la flotte qui se tient en 230 milles de Charal jusqu’à Pure. 

Class40
 1 – Crédit Mutuel 2 – Leyton 3 – Aïna Enfance & Avenir

Multi50
 1 – GROUPE GCA – MILLE ET UN SOURIRES 2 – PRIMONIAL 3 – Solidaires En Peloton – ARSEP

Imoca
 1 – Charal 2 – Apivia 3 – Banque Populaire X

3 novembre – Très décalé dans l’est après son passage au cœur de l’archipel canarien, le tandem Vauchel-Camus/Duthil a dû empanner plusieurs fois pour mettre de l’ouest dans sa route. Il a donc croisé derrière ses camarades de jeu et affiche un retard de 130 milles sur l’impérial Groupe GCA – Mille et un sourires qui se dirige tout droit vers le cap Vert. Première nuit plus « tranquille » pour Charal en tête des Imoca malgré le sifflement continue des appendices dès que les 15 nœuds de vitesse sont dépassés. A ces allures portantes, pas de haute voltige pour les foilers, mais un coude à coude permanent avec les IMOCA à dérives. Banque Populaire réalise décidément un superbe parcours dans le trio de tête, aux côtés de Charal et Apivia.

Ian Lipinski et Adrien Hardy sur leur tout nouveau bateau au nez rond (Crédit Mutuel) impriment un rythme d’enfer et n’ont quasiment pas été ralentis par la dorsale au sud de Madère. 13 milles derrière, Leyton, Aïna Enfance & Avenir et Banque du Léman suivent le tempo. La flotte des 22 Class40 file bon train avec des vitesses à deux chiffres au compteur, dans le sillage des derniers IMOCA.

Avaries : Vers 9h37 TU, alors qu’Alex Thomson et Neal McDonald à bord de HUGO BOSS naviguaient à 25 nœuds, ils ont touché un OFNI (objet flottant non identifié). À ce stade, on ne sait pas exactement ce qu’ils ont touché.Après l’incident, Alex et Neal ont arrêté le bateau et effectué une inspection pour évaluer les dommages subis. Il a été constaté que la quille n’est plus attachée que par le vérin hydraulique. En raison des dommages subis sur le bateau, la décision a été prise qu’Alex et Neal ne continueront pas la course. 

Class40
 1 – Crédit Mutuel 2 – Leyton 3 – Aïna Enfance & Avenir

Multi50
 1 – GROUPE GCA – MILLE ET UN SOURIRES 2 – PRIMONIAL 3 – Solidaires En Peloton – ARSEP

Imoca
 1 – Charal 2 – Apivia 3 – Banque Populaire X

4 novembre – Primonial est reparti à 2 h 30 cette nuit de Mindelo (Cap Vert) où il a changé son démarreur (il ne pouvait plus produire d’électricité avec son moteur). L’infortuné tandem Rogues-Souben a donc 344 milles de retard sur ses deux concurrents qui continuent leur cavalcade dans l’alizée. Maintenant qu’en tête de flotte tous les IMOCA naviguent bâbord amures, la lecture du classement est plus simple et les positions se clarifient. Charal est toujours le patron et grappille mètre par mètre sur ses poursuivants. 11th Hour a soufflé la troisième place à Banque Populaire par son petit décalage ouest et PRB est juste derrière aux aguets. Cinquante milles en retrait, Initiatives-Coeur, Corum L’Epargne, Groupe Apicil et Arkéa Paprec sont alignés comme sur une ligne de départ à 2000 milles de l’arrivée. Sur ce long bord où il est armé de son foil, le plan Kouyoumdjian du tandem Simon-Riou a repris deux places hier et peut encore rêver de podium. A noter aussi le bon retour dans le jeu de VandB Mayenne. Maxime Sorel et Guillaume Lebrec cravachent depuis leur arrêt à Brest lundi dernier. Après avoir doublé Time for Oceans, La Mie Câline Artisans Artipôle et La Fabrique, ils se hissent ce matin à la hauteur de Groupe Sétin et Water Family à la 19ème place…

Les premiers Class40 ont couvert plus d’un tiers du parcours et vont pouvoir accélérer vers le Cap Vert après une première semaine éprouvante. Un peu comme en IMOCA, de petits paquets se forment au sein desquels la régate bat son plein et il faudra attendre que l’ensemble de la flotte ait débordé les Canaries pour établir une hiérarchie fiable au sein de la flotte des 22 duos en route vers Salvador de Bahia. Ce matin, Eärendil est reparti de Madère alors qu’Equipe Voile Parkinson est en approche de l’île pour y effectuer lui aussi des réparations.

Pour les premiers Multi50 et IMOCA, et d’après l’étude de Richard Silvani de Météo France, la Zone de Convergence Intertropicale se dégonfle et devrait les laisser passer sans complètement s’arrêter. Mais attention ! Les orages, grains et gros nuages compliqueront la navigation comme à l’accoutumée dans cette zone brouillonne.

6 abandons : 5 Class40 (Lamotte Module Créations, Beijaflore, SOS Méditerranée, Kiho, Entraide Marine ADOSM), 1 IMOCA (Hugo Boss qui navigue désormais sans quille. Devenue trop dangereuse pour l’intégrité du bateau, donc de l’équipage, Alex Thomson et Neal Mc Donald ont dû la libérer. Ils naviguent avec les foils sortis et le fond ballasté).

Class40
 1 – Crédit Mutuel 2 – Leyton 3 – Aïna Enfance & Avenir

Multi50
 1 – GROUPE GCA – MILLE ET UN SOURIRES 2 – Solidaires En Peloton – ARSEP 3 – PRIMONIAL

Imoca
 1 – Charal 2 – Apivia 3 – 11th Hour Racing

5 novembre – Nous y sommes. Groupe GCA – Mille et un sourires est entré cette nuit dans les bizarreries du Pot-au-noir. Des 22 nœuds au compteur, Gilles Lamiré et Antoine Carpentier n’en voient plus que 9, mais peuvent se féliciter de continuer à avancer. Forcément, une compression de la flotte est attendue dans les prochaines heures. Du côté des class40, 600 milles séparent le leader de la flotte Crédit Mutuel, du dernier Equipe Voile Parkinson qui recommence à peine à accélérer à 7 nœuds sous l’île de Madère. Dans la nasse nuageuses, Charal n’avance plus qu’à 2 nœuds et Apivia a ralenti ce soir à 7 nœuds. Derrière, il y eu des empannages pour caler l’entrée dans la zone de convergence intertropicale. A bord, ça cogite tandis que les vitesses des grands monocoques décroissent. Moins de 50 milles derrière le groupe de tête, il faut compter maintenant 10 bateaux en chasse dont certains ne sont pas mécontents d’être là après avoir tenté le diable. 

Class40
 1 – Crédit Mutuel 2 – Leyton 3 – Aïna Enfance & Avenir

Multi50
 1 – GROUPE GCA – MILLE ET UN SOURIRES 2 – Solidaires En Peloton – ARSEP 3 – PRIMONIAL

Imoca
 1 – Charal 2 – Apivia 3 – 11th Hour Racing

6 novembre – 408,80 milles parcourus en 24h à la vitesse moyenne de 17 nœuds, Crédit Mutuel, ce bateau signé de l’architecte David Raison, tient toutes ses promesses. Avec sa drôle d’étrave ronde et spatulée, le bateau rouge et blanc affiche une aptitude incroyable à avaler les milles dans du vent fort et sur la mer formée, sous pilote automatique, sans mouiller l’équipage (ou presque) et dans une stabilité à faire pâlir les Class40 de la génération précédente, qui n’ont pas dépassé les 15,70 nœuds de moyenne sur 24h.

Passé comme une fleur par le leader des Multi50, le Pot-au-noir s’est refermé sur Charal. En tête depuis Madère, Jérémie Beyou et Christopher Pratt redeviennent chasseurs derrière le tandem Charlie Dalin et Yann Eliès à 1200 milles de l’arrivée. D’autant que derrière, ça ne chôme pas. 11th Hour Racing effectue sa pénalité d’1h30 suite à une rupture de son plomb d’arbre d’hélice ce qui a permis à PRB de lui ravir la troisième place, à touche-touche avec Banque Populaire. Encore derrière, un paquet de dix bateaux se presse à l’entrée du Pot-au-noir avec 170 milles de décalage est-ouest. Autant dire que rien n’est joué dans ce groupe emmené par le tandem Seguin Richomme sur Groupe Apicil. Impossible de prédire du podium en IMOCA dans la Baie de Tous les Saints…

Class40
 1 – Crédit Mutuel  2 – Leyton 3 – Aïna Enfance & Avenir

Multi50
 1 – GROUPE GCA – MILLE ET UN SOURIRES 2 – Solidaires En Peloton – ARSEP 3 – PRIMONIAL

Imoca
 1 – Apivia 2 – Charal 3 – PRB

7 novembre – Alors que Salvador de Bahia coule sa dernière soirée paisible avant l’arrivée du premier Multi50 la nuit prochaine, le Pot-au-noir n’en finit pas de retenir dans ses griffes les IMOCA de tête. Les équipages Class40 fourbissent leurs trajectoires afin d’entrer dans le Pot-au-noir en se faufilant dans le meilleur trou de souris possible qui peut-être leur donnera un peu de vent. Rien n’est moins sûr ! Heures après heures, l’écart continue de se creuser inexorablement entre Apivia, en tête, et Charal, deuxième au classement de 16h : 144 milles et cela risque de continuer tant que Jérémie Beyou et Christopher Pratt ne seront pas complètement sortis du Pot-au-noir. Derrière, il y a du grabuge : PRB et Banque Populaire se livrent à un mano a mano exaltant, mais épuisant pour les skippers.

Il faut qu’on récupère juste après une manœuvre-là… On est un peu fatigué. Le vent tourne à chaque grain, on s’arrête. On passe de J0 à J2, on manœuvre, on remet. On va se coucher et une fois dans la bannette, ça repart ! – Clarisse Cremer, skipper Banque Populaire

Class40
 1 – Crédit Mutuel 2 – Leyton 3 – Aïna Enfance & Avenir

Multi50
 1 – GROUPE GCA – MILLE ET UN SOURIRES 2 – Solidaires En Peloton – ARSEP 3 – PRIMONIAL

Imoca
 1 – Apivia 2 – Charal 3 – PRB

8 novembre – En franchissant la ligne à 05h 49mn 41s (heure française), Gilles Lamiré et Antoine Carpentier s’offrent une superbe victoire à Salvador de Bahia dans la catégorie des Multi50. « On essaie de faire la route la plus courte » tel était le credo de Groupe GCA – Mille et un sourires à la veille de prendre les commandes de la course le 1er novembre pour ne plus les lâcher jusqu’à la ligne d’arrivée. Routés par Christian Dumard, les deux hommes à l’expérience bien trempée sur la Route du café (4ème participation pour chacun d’eux dont deux victoires pour Antoine Carpentier) dessinent une trajectoire parfaite traversant chaque système météo avec brio et avalant le Pot-au-noir en quelques heures. 

Sorti dès ce matin du Pot-au-noir, Apivia continue d’accroître son avance sur ses poursuivants. Lancés à 17 nœuds sur la route directe pendant que leurs dauphins retrouvent à peine des vitesses à deux chiffres, Charlie Dalin et Yann Eliès ont accumulé un joli matelas de 200 milles à 800 nautiques du but. 

Arrivées : Groupe GCA – Mille et un sourires à 05h 49mn 41s (heure française), Solidaires En Peloton-ARSEP à 15h 53mn 01s (heure française)

Class40
 1 – Crédit Mutuel 2 – Leyton 3 – Aïna Enfance & Avenir

Multi50
 1 – GROUPE GCA – MILLE ET UN SOURIRES 2 – Solidaires En Peloton – ARSEP 3 – PRIMONIAL

Imoca
 1 – Apivia 2 – PRB 3 – Banque Populaire X

9 novembre – C’est samedi et le Terminal Nautico de Bahia ne désemplit pas de familles brésiliennes en partance pour les îles, pique-nique sous le bras. A l’horizon, Primonial déboule du phare de la Barra vers la ligne. Sébastien Rogues et Matthieu Souben viennent de boucler leur première transat en Multi50 à 13 h 24 (heure française), en à peine plus de 13 jours. Après l’arrivée du dernier Multi50 Primonial, Salvador de Bahia retient son souffle pour couronner Charlie Dalin et Yann Eliès annoncés à 3 heures (française) sur la ligne d’arrivée. Intraitable depuis qu’il a pris la tête dans le Pot-au-noir, Apivia devance d’une quinzaine d’heures le deuxième PRB, mais rien n’est joué pour le podium avec Charal de nouveau en grande forme. Même les Class40 de tête ne sont pas encore venus à bout de cette marmite bouillonnante épicée de grains et d’un vent mou. Crédit Mutuel semble sur la bonne bretelle de sortie même si sa vitesse au compteur n’est pas encore très folichonne : 9 nœuds max, les alizés de sud-est ne sont pas encore là ! Les deux équipages dans son tableau arrière, Leyton et Aïna Enfance & Avenir, à plus de 50 milles, semblent naviguer dans le même système. La hiérarchie en Class40 se précise tout de même pour le podium à Bahia, le tandem Chappellier/Leboucher ayant perdu gros dans le Pot. 

Arrivée : Primonial à 13 h 24 (heure française)

Class40
 1 – Crédit Mutuel 2 – Leyton 3 – Aïna Enfance & Avenir

Multi50
 1 – GROUPE GCA – MILLE ET UN SOURIRES 2 – Solidaires En Peloton – ARSEP 3 – PRIMONIAL

Imoca
 1 – Apivia 2 – PRB 3 – Charal

10 novembre – Désormais bien dans les alizés de sud-est Crédit Mutuel en pointe à plus de 50 milles de Leyton et à 120 milles de AÏna Enfance & Avenir, mène une flotte de Class40 encore bien collée dans le Pot-au-noir. Seuls 7 Class40 naviguent ce jour encore dans les alizés de nord-est. La flotte s’étire sur 1000 milles de Crédit Mutuel à Terre Exotique dans le sud du Cap Vert.

Match racing de toute beau dans la Baie de Tous les Saints à Salvador, PRB et Charal à 1 mille d’écart nous jouent le suspens. On a le tiercé, mais pas forcément placé!!!!

Avarie : Sans foil bâbord au départ du Havre, Arkea Paprec remonté en 5ème position à la sortie du Pot-au-noir a subit la casse de son foil tribord cette fois.

On est sorti du Pot-au-Noir au reaching en bâbord amures, avec 16-20 nœuds de vent, mer plate, on s’est dit « ce sont nos conditions, allez c’est parti on se lance à fond »… On s’est mis à croire au podium mais 2 heures après le foil a cassé, sans prévenir… Du coup on est en configuration sans foil. Il ne reste pas grand-chose de lui. Là on a un peu de vent donc c’est sympa. Il faut envoyer des grandes voiles de portant mais le bateau est déséquilibré par la perte du foil, on enverra le spi un peu plus tard. Sinon ça va, il fait très chaud, c’est même difficilement supportable à l’intérieur du bateau quand on charge des batteries ! On devrait arriver dans la nuit ou demain dans la matinée dans la Baie de tous les Saints. » – Sébastien Simon, skipper Arkea Paprec

Arrivées : PRB à 17h 04mn 42s (heure française), Charal à 17h 11mn 01s (heure française)

Class40
1 – Crédit Mutuel 2 – Leyton 3 – Aïna Enfance & Avenir

Imoca
1 – Apivia 2 – PRB 3 – Charal

11 novembre – La marina de Salvador de Bahia commence à bien se remplir avec trois Multi50 et treize IMOCA amarrés depuis ce matin sous le soleil brésilien. Corum L’Epargne a conclu ce midi une première salve d’arrivées et Groupe Apicil, attendu dans la soirée, va en lancer une nouvelle.

C’est le statu quo chez les Class40 en tête de flotte qui évoluent toujours au près vers Recife. Toujours en tête, avec un matelas de 64 milles sur Leyton, Crédit Mutuel est encore à plus de 600 milles de l’arrivée qu’il ne devrait pas atteindre avant jeudi soir. Au pied du podium virtuel, une belle bagarre se joue toujours entre quatre bateaux : Crosscall Chamonix Mont Blanc, Made in Midi, Linkt et Banque du Léman se tiennent en moins de 40 milles avec plus de 70 milles de décalage latéral, une donnée capitale, surtout si le vent n’adonne que peu sur la fin du parcours.

Chaises musicales : plusieurs pénalités pourraient modifier le classement des IMOCA actuellement amarrés à Salvador de Bahia. Bureau Vallée qui a été victime d’une rupture de plomb a écopé d’une pénalité d’1 heure 30, il rétrograde donc à la dixième place. De son côté, Advens for Cybersecurity a oublié de respecter la dernière marque de parcours à l’entrée de la Baie de Tous les Saints. Le jury international va se réunir demain pour décider de la pénalité attribuée mais compte tenu du très faible écart avec 11th Hour Racing, (moins de 15 minutes), Thomas Ruyant et Antoine Koch pourraient perdre leur quatrième place. Pour rappel, PRB, 11th Hour Racing et Newrest Art & Fenêtres avaient également été pénalisés d’1 heure 30 pour rupture de plomb mais avaient effectué leur réparation pendant la course.


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