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Imoca L’Occitane en Provence, un nouveau chapitre pour Armel Tripon

30 janvier 2020

Ce bateau, tout est une histoire de confiance, d’amitié entre un skipper Armel Tripon – rêvant de Vendée Globe et deux hommes,  le PDG du Groupe L’Occitane – Reinold Geiger & Michel Douville de Franssu du chantier naval Black Pepper.

Tout est inédit avec ce bateau. Une grande première pour Armel Tripon sur le Vendée Globe, une première histoire de sponsor pour L’occitane en Provence, un première construction d’Imoca pour le chantier naval et une première création de bateau dans cette jauge pour Samuel Manuard, architecte naval qui s’est illustré dans la classe mini.

«Comme le bateau est très volumineux devant, quand il gîte il ne pique pas du nez. L’un des objectifs de ce bateau est d’essayer d’avoir une étrave qui reste au sommet des vagues, qui engage moins d’eau sur le pont. L’avant est une espèce de ski nautique.On a fait ce bateau pour qu’il soit possible de le pousser à fond dans le sud». Samuel Manuard, interview donnée à Ouest France (27/11/2019)

Un bateau audacieux sous toutes ses coutures, d’abord par le choix de la carène de type « scow », très répandue sur les voiliers des lacs américains du début XXe siècle et qui arrive progressivement sur les courses au large, principalement dans chez les Mini & Class40. Un flush deck pour éviter que l’eau ne stagne trop longtemps car cela apporte du poids inutilement. Un cockpit réduit pour avoir tout sous la main sans trop se déplacer; et une ergonomie qui privilégie de grandes surfaces dégagées (en intérieur) pour un matossage facilité. Une hauteur novatrice pour les foils qui devraient permettre au bateau de pousser ses capacités autant qu’un multi 50, aux environs de 92% de la polaire.

« Le cas de LOccitane en Provence est intéressant même si un des problèmes qu’il semble y avoir sur les bateaux à foils, c’est qu’il manque un point d’appui (le fameux « troisième pied du tabouret »), donc un souci d’équilibre longitudinal sans gouverne de safran quand on veut voler. […] L’idée du team d’Armel Tripon semble donc d’éviter de faire entrer l’étrave dans l’eau… Mais avant de toucher l’eau, l’étrave aura beaucoup plus basculé qu’avec un brion proche de la surface ! » Michel Desjoyeaux, interview donnée à Voiles et Voiliers (28/01/2020)

Une coque modérée, un avant large et spatulé, des foils rehaussés…et un visuel impactant, voulu par la marque. Classe et élégant en bi-colore le nouvel Imoca fraichement peint fut designé en étroite collaboration avec la marque et Carine Dewavrin, graphiste pour L’Occitane Sailing Team. L’idée de départ était de partir sur le design d’un tube de crème pour les mains de la marque provençale, « mais le rendu était impossible et la forme de ce fameux tube de L’Occitane en Provence n’était pas du tout adaptable à la forme de la coque… » raconte la graphiste. Dans un spectre de noir, gris & jaune or, le design épuré du bateau mettant en exergue le nom de la marque suffit à lui-même. 

En quelques chiffres : 

2 ans de travail à compter du début des études

35 000 heures de travail soit 9 mois de chantier

35g/m2, le poids de la peinture

1 314 m2 de surface de voile

crédit photo : Pierre Bouras / L’Occitane en Provence

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