A l'Ouest, Actu, Report Sport, Sport, Voile

Golden Globe Race : Jean-Luc Van den Heede, notre héros en 211 jours…

30 janvier 2019

50 ans après l’exploit de Sir Robin Knox Johnston, l’aventurier des mers Jean-Luc Van Den Heede réussi une circumnavigation à l’ancienne, sans escale et sans assistance de 211 jours et 23 heures, battant de 100 jours la traversée de l’anglais. Retour sur l’arrivée de la Golden Globe Race!

Une seconde édition tardive mais heureuse pour Jean Luc Van Den Heede, grand vainqueur de la seconde édition de la Golden Globe Race, âgé de 73 ans. Ce matin, il est accueilli en héros aux Sables d’Olonne, remontant le chenal, celui qu’il connaît tant! Célèbre figure de la navigation française en solitaire, Jean-Luc Van den Heede a déjà accompli par cinq fois le tour du monde (+1). Il détient le record de vitesse du tour du monde à la voile, en solitaire et sans escale, contre vents et marées et dès à présent un nouveau record grâce à cette compétition.

Le matin, il fallut se lever tôt pour partir à la rencontre de cet heureux marin, qui allait franchir la ligne virtuelle de son tour du monde, avec un peu de retard à cause du vent. Valait mieux pour lui de rentrer au port avant la tempête annoncée. Au large, du clapot et de la pluie pour une arrivée des plus fanfaronnantes. Délivrance en passant cette fichue ligne d’arrivée (sous spi) après presque 212 jours en mer, laissant derrière lui les péripéties dues à cette expérience maritime hors norme. On peut dire qu’il est un sur-homme car à 73 ans, il a dû gérer un chavirage à 2000 milles à l’Ouest du Cap Horn qui entraina un gros problème de mât car une pièce de fixation de l’un des bas-haubans s’est fendue (devenu une grande spaghetti). Malgré la pluie, les sablais se sont pressés le long du chenal pour apercevoir, cet homme qui a passé 7 mois en mer – sans moyen technique actuel – course contraire au Vendée Globe, même si elle emprunte le même chemin!

« Bonjour à tous. Heureux de vous voir, très heureux. Ça fait du bien de voir du monde » – furent les premières paroles du vainqueur à Port Olona

« Merci d’être venus, ça fait sept mois que je pensais à cet instant. Il a été long, ce tour du monde. Long et dur. Jusqu’à la fin ! Cette série de dépressions avant l’arrivée, c’était dur pour le moral. On se demande quand tout ça va finir.»

Malgré le mauvais temps, une foule compacte se presse sur le ponton flottant face au Rustler. Les premiers à le saluer sont bien entendu Sir Knox-Johnston, vainqueur il y a 50 ans, le directeur de course mais aussi le chanteur Hugues Auffray. Heureux, apaisé d’être de retour sont les expressions lisibles sur le visage de VDH. Usant de la traditionnelle douche de champagne, il s’en garda une petite lampée pour son plaisir 🙂

La Golden Globe du Sunday Times, course originelle de 1968/9 comptait 9 concurrents au départ et un seul avait franchi la ligne d’arrivée – Sir Robin Knox-Johnston devenant alors le premier homme à naviguer en solitaire autour du monde et sans escale. Cette course a aussi eu un taux d’abandons élevé dont cinq de ses concurrents tombés dans l’oubli.
La performance de Jean-Luc qui a battu de plus de 100 jours le record de Sir Robin Knox-Johnston est remarquable. Cinq ont abandonné – pour raisons personnelles, l’un à cause d’une avarie de régulateur d’allure, quatre ont chaviré, démâté, et ont été secouru dans l’Océan Indien ou le Pacifique pour l’Anglaise Susie Goodall. Un autre des skippers a dû naviguer sous gréement de fortune pour rejoindre le port de Cape Town sans assistance, et deux autres ont été contraints de s’arrêter en Australie. Quelques semaines avant de prendre le départ, VDH racontait :

“Avec l’expérience acquise, j’ai tout à fait conscience de la difficulté de cette course. Le type de bateau ancien à quille longue, l’absence de météo, l’interdiction de toute électronique, le calcul de sa position au sextant, le manque de contact terrestre, la faible vitesse de ces voiliers anciens, l’absence de pilote électrique remplacé par des régulateurs d’allures mécaniques vont rendre cette épreuve encore plus aléatoire et difficile que le Vendée Globe.
C’est pour cela que je repars. Je veux revivre, dans des conditions quasi identiques, ce qu’ont vécu nos prédécesseurs. »

Revivez l’aventure Golden Globe Race de ce vétéran des mers, grâce aux vacations hebdomadaires…

.

Leave a Reply