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Et si cette fois, c’était la bonne pour Gitana…?

10 janvier 2021

Hier après-midi, effervescence sur les pontons de la Base de Keroman, l’équipe technique, les amis, la famille s’affairent autour des 6 héros du jour, qui partent pour une circumnavigation – on l’espère de moins de 40 jours – afin de battre le record détenu par IDEC SPORT, mené par Francis Joyon. Derrière les barrières de sécurité, les badauds, appareils photos à main sont venus soutenir les navigateurs et voir le bateau de près. Lui qui est une prouesse technique & technologique, manoeuvré d’une main fer par Charles Caudrelier & Franck Cammas.

Il flottait une certaine sérénité dans les rangs des skippers, arrivés calmement vers leur nouvel habitat en colocation. Les jeunes enfants, peu préparés à l’exercice, ne cachent pas leur émotion – à l’instar de la fille du mediaman Yann Riou. Partir 40 jours n’est pas anodin, il faut que l’organisation à terre soit rodée pour les familles car le code vert a été activé que Samedi matin – juste le temps de finir les paquetages, un dernier brief météo avec leur routeur Marcel Van Triest.

© Y.Zedda / GITANA S.A

Dernières interviews avant de monter à bord du Maxi Edmond de Rothschild, on commence à distinguer de l’émotion des 6 navigateurs de l’écurie aux cinq flèches. Dernières photos. L’équipe technique prend par sur les pontons afin de débuter les manoeuvres portuaires. Il faut lâcher la bête, qu’elle s’en aille vers son destin.

« Nous nous sommes fixés pour objectif d’arriver en moins de cinq jours à l’équateur et en 11 jours et demi au cap des Aiguilles, aux portes de l’océan Indien. Et là, c’est le cas, tout du moins sur les routages. La situation n’est pas encore tout à fait calée dans l’Atlantique Sud mais c’est une bonne fenêtre, peut-être la meilleure qu’on ait eu depuis le début de notre stand-by.

Pour espérer améliorer le temps établi par Francis Joyon, qui a bénéficié d’une météo de rêve pour traverser l’océan Indien et la moitié du Pacifique à l’avant d’une dépression à 35-38 nœuds de vitesse constante, il nous paraît nécessaire d’avoir plus ou moins deux jours d’avance avant d’attaquer le tour des mers australes. Il s’agit pour nous d’exploiter la polyvalence et le potentiel de vitesse du Maxi Edmond de Rothschild, qui peut faire la différence, grâce à ses foils et ses appendices, dans les phases de transition sur la descente et la remontée de l’Atlantique»Charles Caudrelier, co-skipper Gitana

Avec la précision d’un métronome c’est à 2 heures 33 minutes et 46 secondes que le Maxi Edmond de Rothschild s’est élancé ce dimanche 10 janvier sur une nouvelle tentative de record du Trophée Jules Verne. Par un vent de nord-est d’une vingtaine de nœuds et dans une mer maniable, les six marins ont laissé l’île de Ouessant par son travers et salué une dernière fois le Créac’h, phare emblématique de ce passage de ligne. Franck Cammas, Charles Caudrelier, Morgan Lagravière, David Boileau, Yann Riou et Erwan Israël ont dû patienter quelques heures au large pour ajuster au mieux leur créneau de départ ; un timing millimétré savamment calculé avec leur routeur météo à terre Marcel van Triest, véritable 7e homme du bord. Car dans un record comme le Trophée Jules Verne chaque minute compte ! Il faut dire qu’avec leur chrono de 40 jours 23 heures et 30 minutes, Francis Joyon et l’équipage d’Idec Sport ont placé la barre très haut.

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