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Cinéma – Plogoff, le film documentaire 40 ans après la lutte anti-nucléaire

10 février 2020

Février 1980, le Nord-Finistère va vivre six semaines de lutte acharnée contre implantation d’un centre nucléaire à deux pas de la Pointe du Raz. Refusant cette installation, les bretons vont se mobiliser afin d’empêcher ce désastre environnemental. Rendez-vous dans les salles obscures le 12 février!

Présenté en 2019, dans la Sélection Cannes Classics du Festival de Cannes, cet ouvrage cinématographique poignant signé Nicole Le Garrec retrace les luttes quotidiennes menées par les femmes, les enfants, les pêcheurs, les paysans de cette terre finistérienne, désireux de conserver leur âme. Six semaines de drames et de joies, de violences et de tendresse: le témoignage d’une lutte devenue historique.

La révolte des habitants de Plogoff offrait un vrai sujet de film. C’était la vieille histoire de David contre Goliath, à l’heure du nucléaire. Des femmes, des militaires, des marins de l’État rompent avec les principes qui ont régi leur vie pour s’aventurer dans l’insoumission et la rébellion. Nicole Le Garrec

Genèse de ce film ? Un duo Nicole et Félix! Dans les années 1970, Félix, photographe de village à Plonéour-Lanvern, se distingue par la qualité de ses portraits, ses agrandissements géants, ses projections diapos en extérieur… Nicole se souvient de photos de marins-pêcheurs projetées sur les murs des criées de ports de pêche. « Personne ne le faisait à l’époque. Je me suis demandée ce que ces gars-là diraient si on les faisait parler. » Nicole suit toutes les manifestations à Plogoff, à quelques encablures de leur domicile. C’est là, sur ces landes désolées de la pointe du Raz, que les autorités prévoient d’implanter une centrale nucléaire. Aucun cadre d’EDF ne peut imaginer que la population des environs se mobilisera. Grave erreur. Méconnaissance de ces Capistes déterminés. Soir après soir, comme on va à la messe, toutes générations confondues, ils manifestent. Religieusement, avec une foi inébranlable, ils lancent des pierres sur les unités de gendarmerie qui ont échoué en ce bout du monde. Quand l’enquête d’utilité publique commence, Félix et Nicole ont l’intuition qu’il faut tout filmer. Ils ne vont plus arrêter. « Nous allons nous endetter pour acheter de la pellicule. C’est le début d’une longue histoire… ».

Dans la soirée, juste avant 17h, les manifestants affluaient de partout. Les femmes ne manquaient jamais ce moment crucial, qu’elles appelaient la « messe ». Le départ des forces de l’ordre s’accompagnait toujours d’un déferlement de grenades lacrymogènes et offensives et pouvaient donner lieu à des arrestations. – Nicole Le Garrec

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